Cela contredit l’opinion des négateurs. Quant au simple fait d’être visible, il ne constitue pas en soi un attribut louable, car ce qui n’existe pas n’est pas vu ; le Coran offre d’ailleurs plusieurs passages analogues.
Le point essentiel est que la louange et l’éloge ne procèdent que de l’affirmation : ils reposent exclusivement sur les attributs de perfection, lesquels ne se trouvent que dans les réalités existentielles ; l’inexistence, elle, ne renferme aucune perfection. Ainsi, celui qui ne Le décrit que par des négations, et soutient – à l’instar d’Ibn Sînâ et de ses semblables parmi les ésotéristes – qu’Il n’est que « l’existence limitée aux négations », n’a en réalité ni affirmé Son être ni proclamé Son existence ; a fortiori ne L’a-t-il pas qualifié de parfait, ni loué, ni exalté. Gloire et transcendance à Lui, bien au-dessus de ce que profèrent les injustes.
Cela posé, il est manifeste que la parole est un attribut de perfection, tout comme la science, la puissance, l’ouïe et la vue ; et l’être doué de parole est plus parfait que celui qui ne parle pas, de même que le vivant surpasse l’inanimé. C’est pourquoi Allâh a blâmé les idoles inertes adorées, au motif qu’elles ne parlent pas, comme dans Sa parole :
« Ne voient-ils donc pas qu’il ne leur rend aucune parole ? »
(Sûrat Tâ Hâ, v. 89)
ainsi que dans la parole de l’Ami intime (Ibrâhîm) :
« Qu’avez-vous donc à ne point parler ? »
(Sûrat aṣ-Ṣâffât, v. 92)
qu’il s’agisse de montrer que l’adorateur serait plus parfait que son objet d’adoration – hypothèse impossible – ou de souligner que l’Être adoré doit nécessairement posséder les attributs de perfection.
Il est tout aussi clair que Celui qui parle par Sa propre puissance et par Sa volonté est plus parfait que Celui dont la parole ne dépendrait ni de Sa volonté ni de Sa puissance, se réduisant à un discours déterminé inhérent à Son essence ; il est également notoire que Celui qui, de toute éternité, parle lorsqu’Il le veut est plus parfait que celui qui fut d’abord incapable de parler puis l’est devenu.
Ils disent enfin : « Les enseignements des Pieux Prédécesseurs et des Imâms à ce sujet sont harmonieux ».