Ce qu’il a exposé, en effet, consiste en ceci : dire que la cause efficiente est d’un flux permanent, tandis que la survenue de l’effet dépend de l’apparition de la préparation et des conditions, ne peut être avancé que pour un effet qui requiert deux facteurs. Tel est le cas, par exemple, de la combustion produite par le feu ; elle dépend de l’aptitude du support, de sorte que le feu ne brûle ni le rubis, ni la salamandre, ni ce qui leur ressemble. Il en va de même pour le Soleil : l’effusion de sa lumière suppose un réceptacle apte, lequel n’est pas issu du Soleil. De même encore, ce qu’ils attribuent à l’effusion provenant de l’Intellect agent est subordonné à l’apparition de mélanges résultant du mouvement des sphères, alors que le mouvement des sphères situées au-dessus de l’orbite lunaire ne dépend pas de l’effusion de l’Intellect agent.
Ainsi, la thèse selon laquelle l’effusion dépend de la préparation des réceptacles ne peut être avancée que si cette préparation n’est pas elle-même une effusion provenant de la même cause. Or cela ne saurait être admis à propos du Nécessaire-d’existence, qui est l’Originateur de tout ce qui est autre que Lui ; car c’est Lui qui produit les préparations et les conditions, tout comme Il produit ce qui s’effuse sur elles. Il n’a, en vérité, aucun associé dans l’action ni dans l’innovatrice création.
Si donc quelqu’un affirme : « Le Nécessaire-d’existence est d’un flux universel, mais la survenue de l’effet dépend de la préparation des réceptacles », on lui répond : « La préparation des réceptacles fait elle aussi partie de ce qui émane de Lui. » Il devient alors impossible de soutenir qu’Il est d’un flux universel pour tout contingent ; car si tel était le cas, tous les contingents seraient éternels. Et si l’on demande : « Pourquoi donc l’effusion du contingent a-t-elle été différée ? », on répond : « Parce que la préparation, elle, a été différée. »