La grande majorité de la Umma déclara :
« Cette opinion est manifestement viciée ; son caractère fallacieux est connu de façon nécessaire. Elle s’oppose à la raison comme à la Révélation et constitue une innovation (bidʿa) nulle et non avenue, aussi bien du point de vue de la Loi que de l’intellect. »
Le troisième groupe répondit :
« Votre erreur provient du fait que vous avez considéré qu’Allah n’est pas capable de parler et qu’Il ne parle pas par Sa puissance et Sa volonté, ni que les actes puissent se produire en Lui. Pour notre part, nous affirmons qu’Allah parle par Sa volonté et Sa puissance, d’une parole qui subsiste en Lui, fût-elle contingente (ḥâditha). Nous disons également que les événements contingents peuvent Le toucher, et rien, ni dans les preuves scripturaires ni dans les arguments rationnels, ne l’exclut ; bien au contraire, raison et texte concordent pour l’établir. »
Telle est la position de divers groupes, tels Abû Muʿâdh al-Tûmanî, Zuhayr al-Atharî, Muḥammad ibn Karrâm et ses disciples, ainsi que d’autres encore — parmi lesquels, selon toute vraisemblance, Hishâm ibn al-Ḥakam.
Ceux-ci ajoutent : « Aucune partie de la Parole n’est éternelle ; Allah parle après n’avoir pas parlé, de même qu’Il agit après n’avoir pas agi, afin d’éviter la conséquence d’une série d’événements sans commencement, ce qui ruinerait la preuve de la création du monde. »
Et ils concluent : « Toutefois, Il est bel et bien capable de parler de toute éternité, comme vous l’affirmez vous-mêmes. »