Quant au deuxième groupe, il les a suivis pour ce qui est de l’éternité et du fait qu’Il ne parle ni par Sa volonté ni par Sa puissance ; à leurs yeux, la parole déterminée est un attribut inhérent à Son Essence, de sorte qu’il n’existe rien d’autre qu’un éternel qui Lui est attaché en propre. Quant à une parole créée, distincte de Lui, ou à ce qui relèverait de Sa puissance et de Sa volonté et subsisterait en Son Essence, ils l’ont nié. Ils ont pareillement affirmé, à l’instar des premiers, que des événements peuvent advenir sans cause survenue et que la prépondérance se réalise par la seule volonté, alors même que le moment de l’acte et les autres circonstances sont identiques, déclarant : « L’agent capable fait pencher l’un des deux équivalents sans cause prépondérante. »
Ils ont ensuite considéré l’opinion des premiers — à savoir que la parole arabe n’est pas la Parole d’Allah, qu’Allah ne l’a pas prononcée et ne parle pas, et que Sa Parole n’est qu’un sens composé de réalités diverses — comme contraire aussi bien à la raison qu’à la révélation.
Ils dirent donc :
« La Parole éternelle consiste en lettres et en sons ; certains soutiennent même qu’il s’agit de lettres sans les sons. Celles-ci, dans leur entité même, sont antiques et sans commencement ; nous n’admettons pas qu’une chose vienne à l’existence après une autre. Allah n’a cessé de dire : “Ô Adam ! ô Noé ! ô Moïse !” depuis l’éternité jusqu’à l’éternité, et Il ne cesse de le dire. Ces gens affirment que les lettres sont conjointes les unes aux autres de toute éternité, que le yā’ et le sīn existent simultanément de toute éternité, et que l’ordre qui les sépare n’est qu’un ordre dans leur nature ou dans leur manifestation, non dans leur existence. »