Quant au premier qui rendit manifeste cette opinion dans l’Islam, certains gens de science soutiennent qu’il était un impie, un zindîq, parfaitement conscient que sa parole entraînait la négation du Créateur. Il introduisit donc cette innovation, tout comme les zindîqs introduisirent le rafḍ en se dissimulant derrière la prétendue loyauté envers ʿAli.
Lorsque les gens de la Sunnah et de la Communauté, ainsi que la grande majorité, se trouvèrent unanimes pour affirmer que la Parole d’Allah n’est pas créée, ceux qui soutenaient le contraire se scindèrent en quatre factions.
Deux d’entre elles déclarèrent : « Si elle n’est pas créée, elle est forcément éternelle (qadîm). Car elle est soit une créature séparée du Seigneur, soit une réalité éternelle subsistant en Lui ; ce qui est éternel relève de Ses attributs, tandis que ce qui est créé et séparé appartient à Ses actes. »
Ils ajoutèrent : « La parole est semblable à la vie : elle ne dépend ni de Sa volonté, ni de Sa puissance, ni de Son choix ; il ne convient donc pas de dire qu’Il est capable de parler, ni qu’Il parle par Sa volonté, Son choix et Sa puissance. »
Ces groupes nièrent en outre l’existence d’actes se renouvelant en Lui successivement. Ils dirent : « Tel est précisément l’argument que nous avons invoqué pour établir la survenue du monde et de ses corps : ils ne peuvent être exempts d’accidents (ḥawādith). Car si des accidents subsistaient en Lui, Il ne serait plus exempt d’eux, et ce qui n’est pas exempt d’accidents est contingent. »