sinon en concomitance avec Lui. Mais on dira en vérité qu’il ne s’agit pas là d’un effet produit par Lui ; en effet, ce qui est inséparable d’une chose ne se renouvelle pas : il relève donc de la catégorie de Ses attributs inhérents et non de celle de Ses actes. Car tout ce qui est inséparable d’un être, qui n’apparaît ni ne se renouvelle, n’est pas obtenu par Sa puissance ni par Son choix ; il appartient plutôt aux nécessités de Son essence. Or, ce qui relève des nécessités de Son essence ne se renouvelle ni n’advient ; cela est inclus dans la définition même de Son être, à l’instar de Ses attributs essentiels. Dès lors, cela ne fait partie ni de Ses actes ni de Ses effets.
Partant, concevoir un Être nécessaire par Lui-même, éternel, Al-Qayyûm, autosuffisant, qui n’accomplit aucun acte, ne fait advenir aucune chose et en est même incapable, revient à Lui ôter les attributs de perfection. Or la possibilité d’agir successivement, chose après chose, est bel et bien réalisable dans l’existence, puisqu’on la constate chez les créatures ; il s’ensuit qu’il s’agit d’une perfection possible, exempte de toute déficience, d’autant qu’ils reconnaissent eux-mêmes que la générosité est un attribut de perfection. Par conséquent, un Être nécessaire qui n’agit pas, ne dispense pas Sa largesse et ne fait advenir aucune chose est plus défectueux que Celui qui agit, dispense Sa largesse et fait advenir les choses successivement. Et puisque c’est une perfection sans défaut, parfaitement possible dans l’ordre de l’existence, il faut l’affirmer du Nécessaire-par-Lui-même, l’affirmer de l’Éternel, l’affirmer de Celui qui se passe de tout autre, et l’affirmer du Sustentateur.
Si tel est le cas, il est impossible que l’effet existe concurremment avec Celui qui possède cette qualité ; car, s’il existait avec Lui, cela impliquerait la négation de la perfection — laquelle consiste à faire advenir les choses successivement et à exercer une action continue sur les effets, l’un après l’autre. Or, dès lors que cette même perfection, qu’Il mérite de par Son essence, implique qu’Il agisse chose après chose, il est impossible qu’une chose L’accompagne.