est ancien, éternel, nécessaire par Lui-même ; Son existence n’a nul besoin d’une cause prééternelle, d’un nécessitant antérieur ni d’un agent ancien. Son éternité et la nécessité de Son existence procèdent, en effet, des attributs inhérents à Son Essence sans commencement.
Or, si l’on admet — comme l’ont affirmé les imams du Salaf — qu’Il n’a cessé de parler quand Il le veut et qu’Il n’a cessé d’agir, accomplissant des actes qui subsistent en Lui, la seule conséquence qui s’ensuit est la permanence des événements. Si cette permanence était impossible, il faudrait admettre l’apparition de ce qui ne saurait être dépourvu d’événements, reconnaître qu’ils ont un commencement, et conclure à la survenue du monde. Et si cette permanence est possible, il s’ensuit malgré tout que chaque chose dans l’univers est survenue : car les événements ne se produisent que successivement, les uns après les autres, et leur existence concomitante en un seul instant est impossible. Ainsi, de l’éternité sans commencement à l’éternité sans fin, il n’est aucun moment où l’ensemble des êtres nouvellement advenus puisse exister à la fois ; le Nécessaire agit pour chaque événement à l’instant précis où Il le fait advenir.
Dans l’accomplissement de ces événements, Il n’a besoin d’aucune réalité distincte de Lui ; par Lui-même, Il se suffit à Lui-même de tout ce qui est autre que Lui. Dès lors, le fait qu’Il produise tel ou tel événement, en tant qu’Il en est effectivement le Créateur, n’est pas un attribut éternel inséparable de Son Essence dans l’éternité passée, pas plus qu’Il n’a, en pré-éternité, produit tous les événements. Il est, depuis l’éternité sans commencement, Agent tout comme Il l’est dans l’éternité sans fin ; Il n’a jamais cessé, et ne cessera jamais, d’agir : Il fait advenir une chose après l’autre. Il n’existe, dans l’éternité passée, aucun moment limité durant lequel Il aurait agi pour toutes choses à la fois ; à chaque instant, Il est éternel, sans commencement, comme Il l’a toujours été.
Ainsi, à tout moment, Il agit, comme Il agissait avant ce moment et comme Il agira après. Aucun de Ses actes ne L’accompagne perpétuellement ; a fortiori, aucun des produits de Ses actes ne Le suit de manière permanente. Par conséquent, aucun acte n’est éternel, sans commencement ; de même, aucune créature produite n’est éternelle. Il n’est permis, en aucun temps, d’affirmer qu’Il influe sur l’ensemble des événements ou sur ce qui impliquerait l’ensemble de ceux-ci ; il n’est pas davantage de temps où Il commencerait à devenir cause d’un événement après l’autre : Il demeure, sans discontinuer, Celui qui influe et fait advenir.