Il n’y a là aucun inconvénient ; l’inconvénient ne concerne que ce qui relève des propriétés exclusives de la créature. En vérité, le Seigneur – exalté soit-Il – est sanctifié de toute attribution qui serait l’une des spécificités des créatures, car toutes leurs particularités contredisent la perfection qui Lui est nécessaire ; elles sont, à Son égard, des manquements, quand bien même elles constitueraient des perfections pour la créature.
La perfection de chaque être est fonction de ce qu’il lui est possible de posséder. Or il est impossible à la créature d’être pré-éternelle, nécessaire par Essence, Seigneur, indépendante de tout ce qui n’est pas elle, et ainsi de suite parmi les attributs propres au Seigneur. Cette perfection est donc l’apanage du Seigneur, tout comme le Seigneur – béni et exalté – se distingue, dans les perfections dont l’appellation est partagée avec le serviteur (telles la vie, la science et la puissance), par un degré auquel aucune créature ne L’égale. Le Seigneur se singularise ainsi soit par un genre d’attribut qu’aucun autre ne possède – comme le fait d’être le Seigneur des mondes –, soit par un degré auquel nul ne L’égale, telle Sa vie ou Sa science.
Une fois reconnu que le Seigneur – Très-haut – mérite les attributs de perfection, il s’ensuit qu’Il est nécessairement Parlant, Audient et Voyant, car ces attributs relèvent de la perfection ; s’Il n’en était pas doté, il faudrait Lui attribuer leurs contraires, qui sont des défauts.
Quant à celui qui s’imagine – tel l’auteur de l’« Irshâd » – que la perfection ne peut être connue que par la révélation, il établit la véracité du Messager par la preuve du miracle, lequel tient lieu d’attestation de la véracité du Messager