voyant et parlant ; or, s’il était jugé impossible qu’Il en soit ainsi, il en résulterait qu’il est loisible à l’être de rang inférieur de se parer d’une perfection exempte de toute déficience, tandis que l’être de rang supérieur en serait privé – ce qui est inconcevable.
De plus, toute perfection que l’on rencontre chez les êtres advenus, contingents et créés provient de Lui ; or, celui qui confère la perfection à autrui mérite, plus que quiconque, d’être qualifié de cette perfection. Le Créateur est donc, bien davantage que les créatures, digne de la perfection, de la louange et de l’exaltation.
Ils soutiennent, en outre, que la perfection de l’effet procède de la perfection de la cause ; il est par conséquent établi qu’Il peut être qualifié de toute perfection dont l’existence est possible et qui est exempte de toute déficience. Une fois cette possibilité reconnue, l’obtention de cette perfection par Lui dépend-elle d’un autre ou non ? La première hypothèse est caduque : il a été démontré qu’Il est le Riche par essence ; l’Être nécessaire par essence ne saurait dépendre d’un autre ; le Créateur, qui n’est pas créé, ne peut être indigent ; l’Éternel, qui a fait advenir tout ce qui est autre que Lui, ne peut avoir besoin d’autrui ; le Subsistant par soi, qui maintient tout ce qui existe en dehors de Lui, ne saurait être dépendant d’un autre.
Par ailleurs, s’Il avait besoin d’un autre, cet autre serait soit l’une de Ses œuvres, soit un être nécessaire par essence.
S’il s’agit du premier cas, il en résulterait un cercle causal antérieur, chose impossible ; de plus, toute perfection que possèdent Ses effets émane de Lui : s’Il ne devait Sa perfection qu’à Son effet, cela impliquerait que Sa perfection ne survienne qu’après celle de Son effet, et que la perfection de l’effet ne survienne qu’après la Sienne, car celui qui rend un être parfait est, à plus forte raison, digne de la perfection.
Et si, pour être parfait, Il dépendait d’un autre être nécessaire par essence, cet autre serait le Seigneur parfait, tandis que le premier