De même, lorsqu’on affirme que l’existence se divise en parfaite et imparfaite, l’imparfaite a nécessairement besoin de la parfaite ; en effet, l’imparfait est tributaire du parfait : s’il se suffisait à lui-même, il serait parfait, l’autosuffisance étant l’un des plus éminents attributs de la perfection. Si la parfaite se trouvait dépendante de l’imparfaite, c’est elle qui deviendrait imparfaite ; et si chacune dépendait de l’autre, il en résulterait une circularité causale antérieure, chose impossible. Or, une fois l’existence du Parfait établie, il faut qu’Il soit éternel, car s’Il était contingent, l’ensemble de l’existence serait contingent, et tout contingent requiert l’Éternel : il faut donc admettre l’Éternel.
Par ailleurs, les choses contingentes constituent l’imparfait, puisque le seul fait d’advenir implique l’indigence devant l’autosuffisance, et l’indigence est le plus manifeste des signes de la déficience. Il s’ensuit que les contingents dépendent du Parfait, et l’argument se poursuit jusqu’à son terme.
On dira encore : l’existence se répartit, comme rappelé, en Créateur et créature, et il est inconcevable qu’aucune de Ses créatures soit éternelle avec Lui, car si tel était le cas, elle deviendrait une cause nécessaire de Lui, ce qui est impossible, ainsi qu’il a déjà été démontré.
Il est ainsi possible de déduire les attributs de perfection d’Allah — exalté soit-Il — par toutes ces voies. Dès lors qu’est attestée l’existence du Nécessaire par essence, de l’Éternel sans commencement, de l’Autosuffisant, du Subsistant par soi, du Parfait, du Créateur, ou de quelque autre des attributs exclusifs du Seigneur — glorifié et béni soit-Il — on affirme : la perfection exempte de toute déficience, concevable pour un existant en tant qu’existant, est soit possible pour Lui, soit impossible. La seconde hypothèse est caduque, car cette perfection est concevable pour les créatures contingentes, possibles et nécessiteuses qui dépendent de Lui ; chacune d’elles peut en effet être vivante, savante, puissante, entendante