autrui, et l’être indigent ne saurait exister sans le Riche, Autosuffisant ; il faut donc, dans l’un et l’autre cas, affirmer l’existence du Riche. De même, l’existence se divise en al-Qayyûm – Celui qui subsiste par Lui-même et fait subsister autrui – et en ce qui n’est pas al-Qayyûm ; or, ce qui n’est pas al-Qayyûm n’existe qu’au moyen d’al-Qayyûm ; l’existence d’al-Qayyûm s’impose donc dans les deux hypothèses.
De la même façon, l’existence se répartit en créé et en non-créé ; le créé nécessite forcément l’existence d’un Créateur non-créé. Il est donc établi, dans les deux cas, qu’il existe un être qui n’est pas créé ; puis l’on dit : cet être non-créé est le Créateur des créatures, car Son existence n’a été connue que par la nécessité où nous place l’existence même des créatures ; l’existence du Créateur est ainsi fondée en toute hypothèse.
On dira encore : l’éternel est soit éternel par lui-même, soit éternel par un autre. Être éternel par un autre est impossible, car nul ne saurait être éternel par soi, à moins d’être inséparable de l’Éternel-par-lui-même ; autrement, si sa présence ou son absence auprès de Celui-ci étaient également possibles, aucune des deux éventualités ne l’emporterait sans un déterminant. Or, l’Éternel qui fait advenir les créatures ne peut être inséparablement lié à aucun de Ses effets, car ceux-ci ne seraient inséparables de Lui que s’Il agissait par pure nécessité de Son essence, de telle sorte que ce qu’Il produit ne saurait jamais Lui faire défaut ; et, si tel était le cas, aucun événement contingent ne procéderait de Lui, ni par intermédiaire ni sans intermédiaire. Puisque, cependant, les contingents émanent bien de Lui, on sait qu’Il n’est pas inséparable de Son effet.
Et si l’on objecte que les Intelligences Lui sont inhérentes, qu’elles engendrent les sphères célestes et les âmes de ces sphères