Ces auteurs soutiennent que, si tel être est vivant et savant et qu’un autre l’est également, il ne s’ensuit pas qu’il existe entre eux la moindre similitude, sous quelque aspect que ce soit ; bien au contraire, ils peuvent différer sous tous rapports, car l’égalité ne porte pas, selon eux, sur l’essence mais seulement sur l’attribut, ce qui n’implique à leurs yeux ni similitude ni divergence véritables. C’est pourquoi ils affirment que les corps sont identiques malgré la différence de leurs accidents, prétendant que les attributs qui les différencient ne sont inhérents à aucun d’eux et qu’il est possible qu’ils se transmettent à chacun des corps tout en conservant la réalité substantielle de ceux-ci.
Bien que nombre d’affirmateurs des attributs – tels le Qâḍî Abû Bakr, le Qâḍî Abû Yaʿlâ, Abû al-Maʿâlî et d’autres – aient embrassé cette opinion, elle compte parmi les plus viciées ; sa fausseté apparaît d’emblée, dès lors que l’on en conçoit correctement la teneur.
Ces mêmes auteurs opposent encore aux Bâṭinites une cinquième réplique : lorsque le Créateur et la créature sont, chacun, qualifiés d’« agent », de « puissant » ou d’autres appellations analogues, ils ne s’égalisent pas pour autant dans leur essence ; l’assimilation d’essence ne serait réalisée, selon eux, que si l’un et l’autre étaient un corps ou une substance. Aussi déclarent-ils : « Quiconque affirme que le Seigneur est un corps est un mushabbih (anthropomorphiste) ; celui qui le nie n’est pas un mushabbih. » Cependant, cette réponse ne les met pas à l’abri, car leur contradicteur leur objecte : « Dès lors que vous affirmez des attributs ou des noms, il en découle nécessairement que l’Être ainsi décrit et nommé est un corps, tout comme vous le prétendez à propos de celui qui affirme ce que vous rejetez et que vous avez considéré… »