tout en excluant toute similitude. De même, en effet, qu’Il possède une science et que nous possédons une science – mais Sa science n’est nullement comparable à la nôtre – et que nous disposons d’une puissance tandis qu’Il dispose d’une Puissance – laquelle n’est en rien semblable à la nôtre –, il en va de même pour l’ensemble des attributs scripturaires.
L’un d’eux a pourtant soutenu qu’il n’existait entre notre science et la Sienne d’autre différence que le caractère créé ou incréé ; partant, si nous affirmons pour Lui le Visage et ce qui s’y apparente, il faudrait que Son Visage fût semblable aux nôtres, hormis l’antériorité sans commencement. Les contradicteurs de cet homme comprirent aussitôt la fausseté et la laideur – légalement comme rationnellement – d’un tel propos et virent qu’une parole qui implique pareille conséquence compte parmi les plus corrompues.
Cette opinion n’est qu’une ramification de la doctrine des Bâṭinites déjà évoqués : ceux qui nient tant les attributs affirmatifs que négatifs ainsi que les Noms divins, puisqu’ils ont dépouillé le Seigneur de tout cela par crainte de la similitude qu’ils redoutaient.
Notre objectif, ici, est d’exposer la réponse à apporter aux Bâṭinites qarmaṭiens. La réplique que nous avons mentionnée se fonde sur l’un des deux avis : il est possible que deux réalités se ressemblent sous un aspect tout en différant sous un autre. Telle est l’opinion saine, adoptée par la majorité, explicitement rapportée d’Aḥmad et d’autres.
Un autre groupe, cependant, a jugé cela impossible ; ils ont affirmé qu’il n’est concevable qu’une ressemblance totale en tous points ou une dissemblance totale en tous points. Selon eux, les corps seraient identiques sous tous rapports, tandis que les accidents et les genres dissemblables – tels que la noirceur et la blancheur – différeraient sous tous rapports.