ou l’apparition de certaines de ses conditions ; or, selon eux, il est admissible que des conditions et des préparatifs infinis se succèdent indéfiniment.
Il déclara : « La réplique décisive est la suivante : rien de tout cela ne découle du surgissement du monde corporel, car il se peut qu’existe de toute éternité un Intellect ou une Âme dont émanent des représentations successives, chacune après la précédente, jusqu’à ce qu’elles aboutissent à une représentation particulière constituant la condition de l’effusion du monde corporel à partir du Principe éternel. »
Je dis : Cette réponse qu’al-Armuwî a formulée, il l’a empruntée aux Matâlib ʿÂliyah d’al-Râzî, où celui-ci l’énonce. Or cette réponse est caduque et contradictoire en elle-même, car elle suppose l’existence d’événements dépourvus de commencement. Les théologiens (mutakallimûn) qui ont établi la création des corps l’ont fait précisément en se fondant sur l’impossibilité d’une suite d’événements sans début. Si ce principe est valide, la réponse susmentionnée s’écroule, et il faut alors admettre que les âmes dans lesquelles se succèdent les représentations sont elles-mêmes créées, puisqu’il s’agit d’événements sans commencement. Et si, au contraire, l’existence d’événements sans début est envisageable, comme il le soutient dans sa « brillante réplique », la démonstration des théologiens en faveur de la création des corps devient caduque.