Et quand bien même ils partageraient l’animalité générique, cet universel n’existe comme universel que dans l’entendement, non dans la réalité extérieure.
L’explication en est que la propriété spécifique de l’animalité réside dans la sensation et le mouvement volontaire. Or, la perception du cheval n’est pas semblable à la perception de l’homme, ni même à celle du chat ou du rat, bien qu’ils participent tous de l’animalité ; de même, son mouvement volontaire ne ressemble pas au mouvement volontaire de ces autres animaux. Si, par hypothèse, l’homme ressemblait aux autres animaux quant à la sensation et au mouvement volontaire, il s’ensuivrait que les conséquences inhérentes à la sensation et au mouvement volontaire de l’un devraient nécessairement s’établir pour l’autre, car l’existence d’un corrélatif sans ce qui en est la conséquence est impossible. Or, la sensation et le mouvement volontaire de l’homme impliquent des conséquences qu’il est impossible d’attribuer au chat et au rat, et inversement. Nous savons donc que la sensation et le mouvement diffèrent chez eux quant à l’espèce, tout comme leur réalité diffère quant à l’essence ; leur animalité est donc différente par l’espèce, et ce qui diffère par l’espèce et par l’essence n’est pas semblable. Leur participation au genre de l’animalité est comparable à la participation du noir et du blanc au genre de la couleur, alors même qu’ils diffèrent, l’un et l’autre, par l’espèce et par la réalité.
Par ailleurs, tout attribut de perfection que possède le Seigneur — exalté soit-Il — est inséparable de Son Essence. Si donc une autre essence Lui était semblable, elle se qualifierait des mêmes attributs que ceux dont le Seigneur est qualifié : elle serait ainsi Omnisciente, Omnipotente, et capable de créer un monde semblable à celui-ci, ainsi que d’autres réalités dont l’impossibilité est manifeste.
De même, si le Seigneur — exalté soit-Il — avait un égal, il s’ensuivrait que celui-ci disposerait de la même puissance que Lui et qu’il voudrait comme Il veut ; or, dans ce cas, l’existence même du monde deviendrait impossible, car, si chacun d’eux pouvait agir de manière autonome, il faudrait que chacun soit l’agent de l’ensemble de la création tout en n’étant l’agent de rien en particulier.