Et si tu soutiens que le terme n’est qu’un homonyme – un simple partage verbal sans qu’il existe la moindre ressemblance entre les deux significations –, alors, si cette réponse est fondée, tes adversaires te répliqueront de la même manière ; et si elle est infondée, elle ne te sera d’aucune utilité.
Troisième réponse :
On dira : admettons qu’il existe entre les deux désignés un certain dénominateur commun, l’élément sur lequel ils s’accordent, à savoir un sens général et universel. Or, ce sens universel n’est universel que dans l’intellect, non dans la réalité extérieure. Cependant, tout ce qui découle nécessairement de ce sens général s’attache à l’être auquel il est attribué, et il n’y a là aucun inconvénient ; bien au contraire, c’est la vérité.
Ainsi, lorsque l’on dit que le Créateur est « existant » et que la créature l’est également, que l’un « subsiste par Lui-même » et l’autre subsiste par lui-même, ou encore que l’on affirme de l’un qu’il est « Vivant, Savant, Miséricordieux » et de l’autre qu’il est vivant, savant, miséricordieux, le dénominateur universel commun se limite à l’appellation même de l’existence, de la subsistance par soi, de la vie, de la science et de la miséricorde – autrement dit, au fait d’être un être existant, subsistant par soi, vivant, savant et miséricordieux.
Ce sens général n’implique rien de ce qui doit être nié au sujet d’Allah ; au contraire, tout ce qu’il implique relève d’attributs de perfection attribués à Allah, exalté soit-Il. L’imperfection n’apparaît que lorsqu’on le restreint au serviteur, en disant : « l’existence du serviteur », « la science du serviteur », « la miséricorde du serviteur ». L’imperfection y est alors inhérente du fait qu’il est limité et spécifique au serviteur, tandis qu’Allah est exalté au-dessus de tout ce qui est propre au serviteur. En revanche, lorsque le Seigneur est qualifié par ce sens, ou lorsque celui-ci est employé de façon absolue, sans être limité au serviteur, alors, dans l’un comme dans l’autre cas, aucune imperfection ne s’y attache. Il apparaît donc clairement que l’affirmation de ce dénominateur universel commun ne comporte absolument aucun inconvénient.