(Sourate al-Baqara, v. 255)
On a toutefois dit, au sujet de la créature, qu’elle possède une puissance et une science ; or, cette science et cette puissance ne sont ni la même science ni la même puissance, ni même quelque chose qui leur ressemble. Il s’agit, pour la première, d’une science et d’une puissance propres au Seigneur, et, pour la seconde, d’une science et d’une puissance propres au serviteur. Quand bien même ils se retrouveraient, à titre absolu, sous la dénomination commune de « puissance » et de « science », il ne découle nullement de cette communauté de nom que l’une soit identique à l’autre ou qu’elle lui soit comparable.
De la même façon, si l’on affirme de la sphère céleste qu’elle est un être subsistant par lui-même, et que l’on affirme d’un morceau de bois qu’il est, lui aussi, un être subsistant par lui-même et existant, il ne s’ensuit pas que l’un soit l’autre ni qu’il lui ressemble. Et si l’on dit de la couleur du ciel qu’elle est un accident inhérent à un support, et que l’on dit de la saveur de la pomme qu’elle est également un accident inhérent à un support, rien n’exige que l’un soit l’autre ni qu’il lui ressemble.
Ainsi, le simple fait que deux réalités se rencontrent sous une appellation générale n’implique pas que la réalité dont l’une est qualifiée, au titre de ce nom, soit l’essence même de celle dont l’autre est qualifiée ni qu’elle en soit l’analogue. Ces vocables que certains appellent « mushakkika » (équivoques) constituent une catégorie des noms dits « mutawâtiʾ » par généralité ; ils appartiennent aux appellations générales que les grammairiens nomment « ism jins » (nom générique) et dont les logiciens qualifient les concepts de « kulliyyât » (universaux).
La seconde réponse consiste à dire à cet argumentateur : tu as, en effet, proclamé au tout début du prologue de ton livre :
« Louange à Allah, l’Être adoré sans …, Celui dont l’éclat de la majesté scintille dans la poitrine de Ses alliés, resplendissant à la suite de la proclamation : “Il n’est de divinité digne d’adoration que …”, l’Innovateur, Détenteur de largesses, le Tout-Pardonneur, le Très Miséricordieux. »
Et tu as dit : « J’atteste qu’il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah, Lui Seul, sans associé ; témoignage qui écarte de Lui toute attribution indue. »