et chacun d’eux est précédé par un autre, sans commencement premier ; c’est pour cette raison que le changement survint dans ce monde. Il répondit : « Nous disons que l’accident déterminé, lorsqu’il apparaît dans ce monde, requiert soit une cause pour advenir, soit n’en requiert aucune. S’il n’en requiert aucune, il en résulterait qu’un contingent se produit sans cause ; cela est unanimement inadmissible. S’il requiert une cause et que celle-ci soit elle-même contingente, la question de sa genèse se pose comme pour le premier cas, ce qui conduit à supposer, d’un seul coup, une infinité de causes et d’effets ; or cela est impossible. Et si cette cause est éternelle, vous aurez alors attribué un effet nouveau à un Agent éternel ; et si cela est intelligible à vos yeux, pourquoi ne l’admettriez-vous pas pour l’ensemble de l’univers ? »
Al-Armuwî objecta à cette réponse : « On peut rétorquer : si, par “cause”, tu entends la cause complète, l’apparition de l’effet n’implique pas l’apparition de la cause efficiente, mais seulement soit l’apparition de cette cause complète, soit celle de certaines de ses conditions. Et si, par là, tu entends la cause efficiente, il ne s’ensuit pas, de l’apparition de l’accident déterminé, son apparition, mais seulement soit son apparition… »