Car on ne peut la leur attribuer tant qu’elle demeure universelle ; on ne la leur applique qu’en retranchant l’universalité. Or, si l’on affirme qu’elle est générale et commune, que le champ de la division est partagé entre les parties et que la généralité se vérifie aussi bien pour les espèces que pour les individus, cette généralité n’est pas l’universel naturel. En effet, la généralité ne s’applique qu’à ce qui se caractérise par une multiplicité susceptible de division et de dénombrement – ce qui n’est pas le propre de l’universel naturel. La généralité correspond plutôt à l’universel intellectif ; celui-ci englobe les espèces comme les individus et se prédique d’eux. Toutefois, lorsqu’il embrasse les réalités concrètes, il n’est plus universel, de même que l’on dit que l’universel naturel existe hors de l’esprit alors que, dans cette existence externe même, il n’est pas universel. Ainsi, ce qui est absolu et universel dans l’esprit ne possède pas, au dehors, un correspondant identique en tous points ; l’existant externe est nécessairement déterminé. Il en va de même de tout ce qui se trouve dans l’esprit : lorsque l’on déclare qu’une telle chose existe à l’extérieur, elle n’est présente dans l’esprit qu’en proportion de ce qui correspond au dehors. Ainsi, quand on dit : « J’ai accompli ce que j’avais en moi » ou « J’ai exprimé ce que j’avais en moi », ce contenu intérieur n’est, dans l’âme, qu’une représentation et une intention.