puisse être établi dans la réalité extérieure, à condition de rester absolu, de telle sorte que l’existence de cet être ne soit ni subsistante par elle-même, ni subsistante par un autre, ni éternelle, ni créée, ni nécessaire, ni contingente, ni créatrice, ni créée, ni une, ni multiple, ni substance, ni accident, ni attribut, ni sujet d’attribut, ni affirmée, ni niée. Une pareille affirmation – qui heurte la raison et renie les évidences premières – autoriserait, a fortiori, à soutenir la même thèse pour ce qui est plus restreint que l’« existence », car l’enjeu y serait moindre : tout ce qui est écarté de l’absolu général l’est, à plus forte raison, du particulier déterminé. Ainsi, ce qui est nié de l’« existant » l’est du corps, de l’animal et de l’homme, alors que ce qui est nié du particulier n’a pas à l’être du général ; le fait que l’homme ne soit ni âne ni bête n’implique nullement qu’on doive exclure ces notions de l’« existant » en termes absolus.
Dès lors, si ces infortunés, égarés dans leur raison et leur religion, jugent admissible que l’« existant » soit réellement établi hors de l’esprit tout en le qualifiant de ces négations embrassant les deux contraires, admettre la même chose pour ce qui est plus étroit que l’« existence » est davantage prioritaire et plus plausible.
Un notable de leur groupe me dit un jour : « Nous avons appris que tu réfutes le shaykh ʿAbd al-Ḥaqq. Nous affirmons que les gens ne comprennent pas son discours ; si donc tu nous l’expliques et nous montres son invalidité, nous l’accepterons, sinon, non. » Je lui répondis : « Certainement ; je t’exposerai son intention d’après ses écrits, tels que Al-Bad, Al-Iḥāṭa, Al-Faqriyya et d’autres. » Il ajouta : « Nous possédons un livre particulier intitulé Lawḥ al-Aṣāla, qui est le secret des secrets ; c’est de lui que nous voulons l’explication. » Je ne l’avais point encore vu. Il alla le chercher, revint avec, et je le lui commentai jusqu’à ce que son intention devînt manifeste, et il consigna alors des questions.