Ceux qui conçoivent l’Être divin comme limité par des déterminations négatives ou relationnelles, sans aucun attribut affirmatif, sombrent dans un taʿṭîl plus radical encore que ceux qui soutiennent qu’Il n’est conditionné ni par des négations ni par des affirmations. Lorsqu’ils déclarent qu’Il serait « l’existence restreinte par la négation universelle » – en Lui retranchant tout prédicat positif –, ils réunissent en réalité les deux contraires ; le fond de leur parole se résume à : « Il est existant sans être existant, nécessaire d’existence tout en étant impossible d’exister. »
Quant aux seconds, lorsqu’ils affirment qu’Il n’est ni existant ni inexistant, ils suppriment les deux contraires. Ces mêmes seconds abolissent, de part et d’autre, toutes les notions contradictoires et vont jusqu’à dire : « Il n’est ni vivant ni mort, ni savant ni ignorant. »
Les premiers, pour leur part, ne suppriment pas l’ensemble des attributs affirmatifs ; ils n’admettent qu’une existence pure, dépouillée de tout caractère positif. Ils n’énoncent donc, du côté des réalités affirmatives, qu’une part infime de ce qu’ils nient du côté des négations, si bien qu’ils s’enfoncent d’autant plus dans le néant. Ils se contredisent toutefois lorsqu’ils parlent d’« intelligible, intellect et intelligence », de « délectable, jouissant et jouissance », ou d’« amant, aimé et amour » : ils affirment là plusieurs notions positives qu’ils ramènent aussitôt à de simples négations.
Autre incohérence : si l’existence est restreinte par une condition négative ou relative, elle partage l’appellation générale d’« existence » avec d’autres êtres et ne s’en distingue que par ces restrictions négatives. Or les négations – qu’on les appelle différence spécifique ou propriété – ne sauraient différencier deux réalités ayant un genre commun ; dès lors que l’élément distinctif entre des existants est purement négatif, il n’implique aucune affirmation et n’assure donc aucune distinction réelle.
Ils se voient ainsi acculés à l’une de deux issues : soit abolir toute distinction, ne laissant subsister qu’une existence absolue, exempte d’attribut affirmatif comme négatif, dépourvue alors de toute réalité déterminée ; soit introduire des déterminations affirmatives, ce qui révèle qu’il est indispensable qu’existe une réalité propre distincte de l’existence absolue.
Quant aux partisans de l’« existence englobante », s’ils définissent celle-ci par l’existence