On a également soutenu que, auparavant, le monde n’était pas seulement possible, mais bel et bien impossible, puis qu’il devint possible à l’instant même. D’aucuns ont encore affirmé que le Tout-Puissant libre de Son choix peut faire pencher l’un des deux possibles sur l’autre sans qu’aucun déterminant n’intervienne. Il exposa ensuite la fausseté de ces réponses dans leur globalité, car leur conséquence est que tout ce qui est indispensable à la production du monde existait déjà de toute éternité ; il en montra encore le vice de façon détaillée, ce qu’il n’est pas nécessaire de rapporter ici. Puis il dit :
« La réplique est la suivante : si ce que vous avancez est exact, il s’ensuit qu’aucun changement ne surviendrait dans le monde, car de la permanence de l’Être nécessaire d’éternité en éternité découle la permanence du premier effet, de la permanence du premier effet découle celle du second, et ainsi de suite jusqu’aux dernières strates ; il en résulterait donc qu’aucune mutation ne se produirait dans le monde, ce qui contredit l’évidence sensible. »
Et il ajouta : « Si quelqu’un objecte : “Pourquoi ne pourrait-on pas dire que l’Être nécessaire est un dispensateur universel de l’effusion, mais que la survenue de l’effet dépend de la préparation des réceptacles, et que l’acquisition de ces dispositions variées par les réceptacles dépend, à son tour, des mouvements célestes et des conjonctions planétaires ?” »