Ils distinguent en effet l’universel selon trois divisions : le naturel, le logique et l’intellectuel.
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Le premier est l’absolu « sans aucune condition ». C’est le cas, par exemple, lorsqu’on considère l’homme pris à l’état pur ou le corps pris à l’état pur, sans lui adjoindre aucune qualification, ni affirmative ni négative ; on ne dit donc pas de lui qu’il est un ou multiple, existant ou inexistant, ni ne lui applique aucune autre restriction.
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Le second consiste à décrire ce même universel comme général, englobant, etc. ; c’est ce qu’on appelle l’universel « logique ».
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Le troisième réunit ces deux aspects : il s’agit de cet universel, conjointement à son qualificatif de généralité et d’universalité ; tel est l’universel « intellectuel ».
Les deux derniers n’existent que dans l’esprit, d’après le consensus de leurs partisans, à l’exception de ceux qui adhèrent à la doctrine des Formes platoniciennes. Quant au premier, ils soutiennent qu’il existe hors de l’âme ; mais, en réalité, il n’existe pas comme universel : il n’existe que comme individu déterminé. Cette détermination ne le contredit pas, car il se vérifie aussi bien du particulier que du non-particulier, de ce qui est conçu dans l’esprit que de ce qui existe à l’extérieur. Il atteste donc son existence hors de l’esprit, mais sous une modalité particulière ; quant à son universalité, elle n’est attestée que parce que l’intellect la conçoit et la pose.
On le qualifie d’« universel » parce qu’il englobe ses particuliers et s’étend à eux, de même qu’un terme linguistique est dit « général » parce qu’il s’applique à tous ses individus. En soi, pourtant, il est une réalité déterminée, subsistant dans un sujet déterminé ; il est donc, sous l’angle de sa propre essence, un particulier, tout comme un mot qui, bien qu’étant formellement général, est, en tant que son émis par un organe donné, un vocable spécifique et déterminé.
Par cette distinction s’évanouit la difficulté qui embarrassait al-Râzî et ceux qui lui ressemblent à ce propos. Ce que nous voulons établir ici, c’est que l’absolu, pris sous la condition même d’être dégagé de toute détermination