se caractérisent donc par une contradiction et un trouble encore plus grands ; quant aux Muʿtazila, ils se placent, pour ce qui est de la contradiction et du désarroi, dans une position intermédiaire entre les uns et les autres. La cause en est qu’ils traitent comme intelligible ce qui ne l’est pas, du fait de l’ambiguïté de la question et de la subtilité des problématiques. Or, les vérités rationnelles explicites ne se contredisent pas, pas plus que ne se contredisent les textes authentiquement rapportés de l’Infaillible. J’ai vérifié cela dans la quasi-totalité des questions, qu’elles soient minimes ou majeures, que les gens ont abordées ; je l’ai toujours constaté ainsi – il n’est de puissance ni de force qu’en Allâh.
Il arrive cependant qu’au premier abord une chose paraisse obscure et que son affaire soit confuse ; mais dès lors que l’on sollicite l’aide d’Allâh, que l’on recherche Sa guidée, que l’on L’invoque, que l’on se montre dépendant de Lui, ou que l’on emprunte la voie qu’Il a ordonné de suivre, « Allâh guide ceux qui croient vers la vérité de ce en quoi ils divergent, par Sa permission ; et Allâh guide qui Il veut vers un chemin droit ».
Jamais, parmi les pieux prédécesseurs de la communauté ni parmi ses imâms, on ne vit quiconque repousser les preuves du Livre ou de la Sunna au sujet d’une question relative aux Attributs ou autre. Bien au contraire, ils blâmaient les théologiens spéculatifs qui s’écartent de ce qu’indiquent le Livre et la Sunna pour se tourner vers ce qui les contredit. Ils ne rejetaient pas davantage les raisonnements sains ; au contraire, ils argumentaient à l’aide d’évidences rationnelles explicites, telles que le Coran y invite et les établit. En vérité, la plupart des questions théologiques ont été exposées par le Coran à travers des preuves rationnelles et des démonstrations certaines, comme cela a été développé ailleurs.
Cependant, un groupe parmi les adeptes du kalâm et de la philosophie a imaginé que les arguments coraniques ne se réduisaient qu’à de simples récits, lesquels dépendraient d’abord de l’établissement de leur véracité