ʿAmmâr, son compagnon le Shaykh al-Islâm Abû Ismâʿîl al-Anṣârî – que nous avons déjà mentionné – ainsi que d’autres, affirment que l’affaire dont il est question ressemble aux ḥadiths concernant les Attributs divins : celui dont la raison est trop étroite pour les contenir en ressent l’exiguïté. Ces savants réfutent donc ceux qui ont interprété ces traditions selon les propos des Bâṭiniyya, comme on en trouve une trace chez Abû Ḥâmid et d’autres.
Il est en effet nécessairement connu de quiconque est au fait des textes du Messager – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – qu’il est venu avec l’affirmation et non avec la négation, et que les Envoyés ont établi, dans le détail, les Attributs d’Allâh, tout en Le déclarant, de façon générale, transcendant, exempt à la fois de taʿṭîl (dépouillement des Attributs) et de tamthîl (assimilation).
La racine de tout mal se ramène à deux causes : soit la négligence d’un droit, soit la transgression vers un faux. Cela s’exprime par un manquement à la Sunna ou par une entrée dans l’innovation : délaisser une partie de ce qui est ordonné, commettre une partie de ce qui est interdit, rejeter une vérité ou approuver une fausseté. C’est par ces deux voies que la plupart des gens sont éprouvés.
Ainsi, parmi ceux qui se réclament des gens du ḥadith, de la Sunna et du Groupe, on observe chez certains – comme je l’ai indiqué – un laxisme dans la connaissance des textes, dans la compréhension de leur sens, ou dans l’accomplissement du devoir d’en établir la preuve et de repousser leurs opposants ; cela constitue une incapacité et une négligence à l’égard de la vérité. Il arrive aussi qu’ils tombent dans le faux : soit en adoptant une innovation introduite par les gens de l’innovation, qu’ils ont approuvée et dont ils cherchent ensuite à établir les corollaires, soit en inventant eux-mêmes une innovation, pensant qu’elle complète la Sunna, comme il en est advenu aux gens au sujet de la Parole d’Allâh et d’autres de Ses Attributs.