n’en connaissons pas la modalité, tout en sachant que celle-ci diffère de celle des choses existant dans ce bas-monde.
On emploie également le terme « taʾwîl » pour désigner le fait de détourner un vocable de son sens le plus évident vers un sens moins probable ; or cette acception ne se rencontre que dans la terminologie des auteurs tardifs. Dans le discours des Compagnons et de leurs Successeurs, on ne trouve que les deux premières acceptions.
C’est pourquoi la plupart d’entre eux estiment qu’il faut s’arrêter à la parole divine : {وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلَّا اللَّهُ}, partant du principe que le taʾwîl est ce dont Allâh s’est réservé la connaissance, à savoir le « comment » (kayf) que nous ignorons. Ainsi l’Imâm Mâlik a-t-il déclaré : « L’istiwaʾ est connu (quant à son sens), son “comment” est inconnu, y croire est obligatoire, en questionner la modalité est une innovation. »
Tous les autres Imâms tiennent un propos semblable à celui de Mâlik : ils nient à la créature la connaissance du “comment” comme celle de la sagesse divine. Ils ne disent pas, à propos de Ses Attributs : « Comment ? », ni, à propos de Ses actes : « Pourquoi ? », car ils ignorent aussi bien la modalité de Ses Attributs que la raison d’être de Ses actes.
Nombre d’auteurs postérieurs, pour leur part, ont nié que ce « comment » soit établi dans la réalité, sans pour autant nier que la créature puisse en avoir connaissance.
Les premiers, quant à eux, affirmaient : « Son Essence n’entre pas dans le discours, et Sa modalité ne saurait effleurer l’esprit. » Ils disaient encore qu’il est interdit aux créatures de méditer sur la quiddité de Sa propre Essence, propos que rapporte de façon analogue Abû Muḥammad Ibn Abî Zayd.