Al-Hawrânî lui rétorqua : « Si réellement tu étais ashʿarite, je t’eusse accueilli avec respect — ou paroles approchantes ; mais es-tu seulement musulman ? »
C’est exactement ce que dit le Qarmate aux gens de la Sunna : « Vous ne me haïssez que parce que je suis chiite. » On lui rétorque : « Si tu étais vraiment chiite, nous t’aurions honoré ; es-tu même musulman ? » En effet, les propos des chiites qui contredisent la Sunna constituent la porte par laquelle les Qarmates bâtinites se sont introduits, tout comme les propos des théologiens — Muʿtazilites et les ashʿarites qui les suivent — contraires à la Sunna ont été la porte par laquelle ces athées jahmites se sont infiltrés. Les discours des athées parmi les chiites et les gens du kalâm s’acoquinent avec les propos des athées philosophes.
C’est pourquoi ʿAbd ar-Raḥmân ibn Mahdî disait : « Il y a deux catégories d’hommes, prenez-y garde : les Râfidites et les Jahmites. » Ainsi, les premiers trouvent appui auprès de ceux qui les rejoignent pour nier l’élévation (al-ʿulû) d’Allah au-dessus de Sa création, rejeter les attributs scripturaires, et autres doctrines contraires au Livre et à la Sunna — innovations dans lesquelles sont tombés certains gens du kalâm, ashʿarites ou autres — tout comme les autres athées se prévalent des chiites.
Ce qui a donné à tous ces négateurs la mainmise, c’est la défaillance de ceux qui s’affilient à la Sunna : tantôt ils ne connaissent pas le sens des textes du Livre et de la Sunna, tantôt ils ne distinguent pas les narrations authentiques des faibles, tantôt encore ils ne réfutent pas ce qui s’y oppose — ce que leurs contradicteurs qualifient de « preuves rationnelles ». Or il est notoire que la science n’est complète que par la validité de ses prémisses et la réfutation de ce qui les conteste, afin que la cause agissante existe et que l’empêchement disparaisse.
L’imâm Aḥmad — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Connaître le ḥadith et en saisir la jurisprudence m’est plus cher que de le mémoriser. » Pourtant, nombre de ceux qui prétendent appartenir à la Sunna, et écrivent à son sujet, ne connaissent pas le ḥadith et n’en comprennent pas le sens ; bien au contraire, on les trouve