En matière de certitude, ce « quatrième » est, selon eux, le détenteur de l’« existence nécessaire » ; il représente l’« Encompassement » (al-iḥâta). C’est pourquoi Ibn Sabʿîn ordonna qu’on gravât sur sa tombe : « Le possesseur de la gravure de la pierre du sceau de l’Encompassement. »
L’« Encompassement » est, à leurs yeux, l’Existence absolue, pure, exempte de toute limitation ; un universel qui n’est conditionné ni par la nécessité ni par la possibilité. Vient ensuite l’existence qui s’applique aussi bien à l’Être nécessaire qu’au contingent, ou celle qui ne s’applique à aucun des deux : en effet, l’absolu “sans condition” se prête aux deux, tandis que l’absolu “à condition d’absoluité” ne se prête à aucun d’eux.
Les plus aguerris d’entre eux se réunirent avec moi lorsque fut déclenchée l’épreuve contre les gens de la Sunna, afin de soutenir leur voie. Extérieurement, ils sollicitèrent l’appui de quiconque les rejoignait dans la négation des attributs : tantôt la négation de l’élévation d’Allah au-dessus de Sa création et de Ses attributs scripturaires, tantôt la négation globale des attributs, des actes, de la Parole divine, et autres doctrines des Jahmiyyah. En réalité, ils ne se montrent qu’en se réclamant des paroles des Muʿtazilites ashʿarites – qui nient les attributs rapportés – ou des Ashʿarites philosophisants – qui nient les attributs sans réserve –, de même que les Bâṭinites qarmaṭiens ne s’affichent qu’en feignant le chiisme.
Aussi Ibn Sabʿîn disait-il au vénérable shaykh Taqî ad-Dîn al-Ḥawrânî – résident à La Mecque, homme de science et de piété, qui le contredisait et le réfutait – : « Tu ne me hais qu’à cause de mon ashʿarisme. » Celui-ci lui répondit : « Si tu étais… » (la phrase reste inachevée).