Al-Râzî répondit que cet argument entraîne une régression infinie dans les causes, ce qui est invalide ; al-Armuwî l’a dès lors critiqué dans le Lubâb al-Arbaʿîn.
Al-Râzî dit, dans l’Arbaʿîn : « Les partisans de l’éternité (du monde) ont avancé plusieurs raisonnements. Le premier est qu’il ne fait aucun doute que les êtres contingents aboutissent, dans la chaîne de leur dépendance, à l’Existant nécessaire. Nous disons donc : tout ce qui est indispensable pour que – exalté soit-Il – Il soit agent dans la production de ces êtres est soit admis comme ayant été présent de toute éternité, soit non.
Si tout ce qui est requis pour l’efficacité causale se trouvait de toute éternité, alors ou bien la survenue de l’effet est nécessaire avec cette présence, ou bien elle ne l’est pas. S’il faut nécessairement qu’il y ait effet, la permanence de la cause impliquerait la permanence de l’effet ; s’il n’est pas nécessaire, il devient alors possible que la cause subsiste tandis que ces effets sont absents. Admettons donc Son Essence, jointe à l’ensemble des conditions exigées pour l’efficacité causale, tantôt avec l’existence de ces effets, tantôt sans eux.
Le fait qu’un instant soit privilégié pour l’existence plutôt qu’un autre tient soit à un élément qui rend cet instant plus apte à l’apparition de cet effet, soit à l’absence d’un tel élément. Dans le premier cas, ce déterminant doit être compté parmi les facteurs de l’efficacité causale, et il doit donc avoir été présent auparavant. Si ce qui est indispensable à l’efficacité causale est ce qui était