Et cette déviation (ilḥâd) qui s’est manifestée dans les propos d’Ibn ʿArabî, l’auteur des Futûḥât, et de ses semblables touchant les fondements de la foi en Allâh, en Son Messager et au Jour Dernier, ne se trouve pas dans la parole des savants et des shaykhs renommés de la Communauté, ceux dont la langue est véridique. Ces derniers ont, en effet, adopté la doctrine des philosophes se réclamant de l’Islam – tel Ibn Sînâ et consorts –, et une large part de cette doctrine s’est introduite dans le discours de l’auteur des « Livres réservés à ceux qui en sont dignes » et de ceux qui lui ressemblent. Ils l’ont ensuite fait paraître sous l’habillage de l’Islam, au moyen du langage du soufisme et de la “réalisation”, à l’image de ce qu’a fait Ibn ʿArabî, lequel, pourtant, porte atteinte au tawḥîd des grands maîtres, comme al-Junayd, Sahl ibn ʿAbd Allâh et leurs pairs. C’est ainsi qu’il attaque la parole d’al-Junayd, interrogé sur le tawḥîd : « Le tawḥîd consiste à distinguer le contingent du Pré-éternel. » Il affirme quant à lui : « Nul ne distingue entre le créé (al-muḥdath) et l’Éternel (al-qadîm) hormis celui qui n’est ni l’un ni l’autre. » Il rapporte cela – et d’autres propos analogues – dans son livre “at-Tajalliyât”, et il possède un ouvrage