est dès lors apostat, car la foi n’atteint sa perfection qu’avec la croyance en Allah, en Ses anges, en Ses Livres et en Ses Messagers.
Quant au walî qui n’est pas prophète, l’injure à son encontre, à elle seule, ne rend pas passible de la peine de mort, et celui qui ne croit pas en lui ne devient pas pour autant apostat. Ainsi, quiconque exagère au sujet des saints — qu’il les nomme « awliyâ’ Allâh », « gens d’Allah », « sages », « philosophes » ou tout autre titre qu’il accole aux noms des prophètes — et les place sur le même rang que ces derniers, voire au-dessus d’eux, on l’invite à se repentir ; s’il se repent, on le relâche, sinon il est mis à mort.
Que dire alors de celui qui prétend que les prophètes tirent bénéfice de celui qu’il appelle « Sceau des saints », qu’il le place à la manière du « Mahdî attendu » des Râfidites ou du « Secours suprême » auquel s’attachent les extrémistes parmi les soufis et autres, et qu’il lui fait puiser à la même source que l’ange qui transmet la révélation au messager ? Que dire encore de celui qui fait du Prophète un homme recevant les formes imaginaires logées en lui, conformes à l’intellect, de sorte qu’il puiserait de l’intellect comme le font les gens doués de raison, et qui réduit la prophétie à la quintessence de l’intellect, ainsi que l’a soutenu al-Tûsî, commentateur des « Ishârât », et d’autres philosophes bâtinis.
Le propos, ici, est de montrer que ceux qui se réclament de la réalisation spirituelle, de la connaissance et de la walâya, professant l’unité d’existence, tirent en vérité leur crédo des Bâṭinites parmi les philosophes, les Qarmates et assimilés. Ils appartiennent à la même trempe que Pharaon, mais sont plus ignorants que lui, alors que Pharaon était plus obstiné qu’eux : dans son for intérieur, il reconnaissait le Créateur distinct des sphères célestes, mais il afficha le déni par quête de suprématie et de corruption, prétendant que la parole de Mûsâ était dénuée de réalité. Allah, exalté soit-Il, dit : « Et Pharaon dit : “Ô Hâmân, bâtis-moi donc une tour, peut-être atteindrai-je les voies…” »