de le mettre en pratique avant d’en avoir entendu un athar ; et lorsqu’il en entend un, cela devient lumière sur lumière.
Al-Junaid ibn Muḥammad a dit : « Notre science est conditionnée par le Livre et la Sunna. Celui qui ne récite pas le Coran et n’écrit pas le hadith n’est pas digne d’être pris pour modèle dans cette voie. »
Le propos est donc le suivant : si ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb est le meilleur des awliyâʾ à qui Allâh – exalté soit-Il – accorde une inspiration divine (taḥdīth) sans l’intermédiaire d’un Prophète, et si l’imâm at-Tirmidhî rapporte du Prophète ﷺ qu’il a dit :
« Si je n’avais pas été envoyé parmi vous, c’est ʿUmar qui aurait été envoyé »,
voilà quelle est sa situation. Que dire alors des autres awliyâʾ ? Comment ce qu’un walî reçoit sans l’intermédiaire prophétique pourrait-il être supérieur à ce qu’il reçoit par l’intermédiaire du Prophète ? Un tel apport, pris isolément, ne mérite aucune confiance et il n’est pas permis d’agir sur cette base, à moins qu’il ne soit confronté au Livre et à la Sunna. Quant à ce qui provient du Livre et de la Sunna, c’est infaillible : il faut y croire et s’y conformer.
Malgré cela, Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq demeure supérieur à ʿUmar, alors même qu’Abû Bakr n’était pas muḥaddath comme ʿUmar ; il puisait plutôt à la niche de la Prophétie ce que d’autres reçoivent par l’inspiration.