Et ces propos, il leur arrive de les formuler sans restriction. Leur explication, conforme à leurs propres principes, est que la nubuwwa correspond à la station où l’on fait imaginer les intelligibles, tandis que la walâya représente l’intelligible pur. Ainsi, le walî reçoit les intelligibles à l’état pur ; quant au prophète, il les possède sous l’angle de sa walâya, mais sous l’angle de sa nubuwwa il ne fait qu’en susciter l’image, si bien qu’il les reçoit par l’intermédiaire de l’imagination. D’après eux, la risâla constitue le degré le plus bas, puisqu’elle consiste à transmettre ces vérités aux gens. De là leur assertion :
« La station de la nubuwwa est un isthme,
Au-dessus du messager, au-dessous du walî. »
Ils renversent ainsi la réalité sur laquelle les musulmans sont unanimes : le Messager (rasûl) est supérieur au prophète qui n’est pas messager, et le prophète est supérieur au walî qui n’est pas prophète. En effet, la risâla englobe la nubuwwa et la walâya, tout comme la nubuwwa englobe la walâya. De plus, le meilleur des awliyâ’ est celui qui reçoit le plus parfaitement des prophètes, à savoir Abû Bakr as-Ṣiddîq, lequel est supérieur à ‘Umar ibn al-Khattâb — qu’Allah les agrée tous deux. Or ‘Umar était, comme cela est établi dans le Ṣaḥîḥ d’après le Prophète ﷺ, de ceux à propos desquels il a dit : « Il y avait, dans les communautés… »