Ibn Ḥamawiyah et ses semblables se trompent donc en cela, comme l’établissent le Livre d’Allah, la Sunnah et le consensus. Quant à at-Tirmidhī, malgré son mérite et son savoir, lorsqu’il composa son ouvrage « Le Sceau des saints », les musulmans le désavouèrent et l’expulsèrent, ainsi que l’a rapporté Abū ʿAbd ar-Raḥmān as-Sulamī dans « L’Épreuve des soufis ». Il y affirme qu’ils l’exilèrent de sa cité, le déclarèrent mécréant à cause de la rédaction de ce livre intitulé « Le Sceau de la walāyah » et l’accusèrent d’abominations religieuses. Il se rendit ensuite à Balkh, où les habitants l’accueillirent parce qu’il partageait leur doctrine. Or, cet ouvrage renferme des propos fallacieux dont la fausseté est, de manière nécessaire, connue dans la religion de l’islam. C’est lui qui ouvrit la voie à la question du « Sceau des saints », jusqu’à ce que vinssent ces derniers, dont chacun prétend être ce « Sceau », tels Ibn ʿArabī, Ibn Ḥamawiyah et d’autres, lesquels ont proféré des énormités auxquelles ni at-Tirmidhī ni quiconque avant lui n’avait jamais pensé. Dans les paroles de ces gens et de leurs semblables figure la préférence accordée à certains saints sur les prophètes, ou du moins sur certains d’entre eux. Or, les shaykhs du soufisme sont unanimement d’accord pour placer les prophètes au-dessus des saints, tout comme l’ensemble des savants musulmans. Abū Bakr al-Kalābādhī a d’ailleurs mentionné, dans son ouvrage « La Croyance des soufis », le consensus des soufis à ce sujet.