Au cours de notre entretien, je lui dis : « Puisque tout n’est qu’Un, pourquoi ma fille m’est-elle interdite alors que mon épouse m’est licite ? » Il répondit : « À nos yeux, il n’existe aucune distinction entre l’épouse et la fille ; tout est permis. Seuls les voilés affirment que cela est illicite, aussi leur avons-nous déclaré : “Il vous est interdit.” »
Il poursuivit : « Lorsque je lui fis la lecture des Mawāqif d’al-Niffarī, je me mis à interpréter passage après passage jusqu’à ce que se dévoile son intention — qu’il est impossible de masquer — à savoir l’affirmation de l’Unicité absolue. Je lui dis alors : “Cela contredit le Livre, la Sunna et le consensus (ijmâʿ).” Il rétorqua : “Si tu veux parvenir à cette ‘réalisation’, délaisse le Livre, la Sunna et le consensus.” Je lui répondis : “Il n’est point de voie pour cela.” » Nous échangeâmes d’autres propos de la même teneur.
Or il est notoire que les fondements de la foi sont au nombre de trois : la foi en Allah, en Ses messagers, et au Jour dernier. Eux, cependant, ont sombré dans l’hérésie à l’égard de ces trois fondements.
S’agissant de la foi en Allah, ils ont établi que l’existence de la créature est l’existence même du Créateur ; c’est là l’ultime degré du taʿṭîl (négation des attributs divins).
Quant à la foi au Jour dernier, Ibn ʿArabî a prétendu que les habitants du Feu jouissent dans l’Enfer tout comme les habitants du Paradis jouissent au Paradis, et que l’on nomme ce supplice « châtiment » en raison de la douceur de son goût ; à ce propos, il a récité