Dans l’Arbaʿîn et des ouvrages analogues, il énonce diverses méthodes destinées à réfuter l’idée d’une suite d’événements sans commencement, puis, dans des livres tels que le Mabāḥith al-Mashriqiyya et consorts, il les invalide lui-même. C’est pourquoi Abû al-Ḥasan al-Âmidî a mis en évidence la fausseté de la plupart de ces méthodes et a fini par s’appuyer sur une démarche plus faible encore que les autres. De même, Abû al-Thanâ’ al-Armawî a, dans son Lubâb al-Arbaʿîn, ruiné la quasi-totalité de ce qui avait été avancé sur ce sujet. Tout cela est longuement développé en son lieu.
Ce qui nous importe ici, c’est que la régression à l’infini dans les causes efficientes est, de l’avis unanime des gens doués de raison, invalide. Quant à l’objection évoquée, elle consiste à dire : « Puisque chacune des causes efficientes est contingente, pourquoi ne serait-il pas permis que l’ensemble ne le soit pas ? » C’est là la position de ceux qui soutiennent que chaque événement, pris isolément, est créé, tandis que l’espèce se perpétuerait de toute éternité dans une succession ininterrompue. Or, soit le statut de l’ensemble est identique à celui des individus, soit il ne l’est pas ; s’il l’est, il s’ensuit nécessairement que l’espèce même des événements est créée. Telle est la conclusion défendue par nombre de théologiens dialecticiens, sur laquelle se fondent Abû l-Ḥusayn al-Baṣrî et ses semblables, et qu’ils illustrent par l’exemple suivant : « Si chaque individu zanj est noir, alors l’ensemble des Zanjs est noir. »