Ils soutiennent qu’ils puisent à la source purement intellectuelle, la même d’où puiserait l’ange – lequel n’est, selon eux, qu’une forme imaginaire se dressant dans l’âme du Prophète –, la station de l’intellect étant, à leurs yeux, supérieure à celle de l’imagination. Ayant cru que les anges qui s’adressent aux prophètes ne sont rien d’autre que des représentations imaginaires présentes dans l’âme des prophètes, ils prétendirent que, lorsqu’ils tirent directement de l’intellect pur, ils puisent au même gisement que les anges dont se nourrissent les prophètes. Dès lors, ils se crurent, ainsi que leurs partisans les considèrent, supérieurs aux prophètes.
Il est pourtant connu de façon catégorique, d’après la religion des Envoyés, que de tels propos – et tout ce qui leur ressemble – constituent du kufr et une fausseté totalement étrangère à leur religion. Quiconque comprend le Coran et saisit les paroles de ces gens n’a d’autre issue que l’une des deux : soit démentir le Coran, soit les démentir eux ; faute de quoi, leurs dires et ce qu’a apporté le Messager se trouveraient en opposition manifeste, contradiction évidente pour quiconque comprend leurs discours et ceux des prophètes.
On ne saurait donc proférer ni agréer de tels propos, si ce n’est l’une de ces deux sortes d’hommes : soit un ignorant qui ne connaît pas la réalité de ce qu’ont apporté les messagers ni la teneur véritable des paroles de ces individus, se contentant d’une vénération vague pour les prophètes et pour eux – à l’instar de ceux qui honoraient simultanément Muḥammad et Musaylima