; tout cela excède les capacités intrinsèques des prophètes, puisque ces phénomènes se produisent après leur mort – et les exemples en sont innombrables.
Dixième point : on dira que les gens ont divergé au sujet de la prophétie. Est-elle une simple qualité inhérente à la personne même du prophète, comme l’affirment certains théologiens spéculatifs et philosophes ? N’est-elle plutôt que le seul fait que le discours divin se rattache au prophète, comme le soutiennent certains kalāmiyyūn ashʿarites et ceux qui leur ressemblent ? Ou bien est-elle la réunion des deux aspects, comme le déclare la majorité ? Trois avis, donc, exactement comme ils ont également divergé selon ces trois positions dans les jugements de la Sharʿa.
Ainsi, lorsque quelqu’un dit que le Prophète a été doté, en lui-même, de forces particulières qui le distinguent des autres dans son savoir et dans son action, cela est reconnu par la majorité. Il ne fait aucun doute qu’Allah a préféré les prophètes par des vertus qui leur sont propres, et que, quiconque Allah gratifie de telles vertus, Il veut pour lui le bien, comme Khadîdja – qu’Allah l’agrée – le dit au Prophète ﷺ lorsqu’il reçut la Révélation et craignit pour lui-même :
« Non ! Par Allah, jamais Allah ne te couvrira d’opprobre ; tu maintiens les liens de parenté, tu dis toujours la vérité, tu portes le fardeau des faibles, tu acquiers pour celui qui est démuni, tu honores l’hôte et tu aides face aux calamités de la vérité. »
Par son raisonnement, elle conclut que celui qu’Allah a doté de ces qualités et nobles caractères – qu’Il a institués parmi les plus grandes causes de félicité – il n’entre pas dans la Sunnah, la sagesse ni la justice d’Allah de l’humilier ; bien plutôt, Il l’honorera et l’élèvera. Car il est connu de la manière d’agir d’Allah envers Ses serviteurs qu’Il honore les gens de bien et avilit les gens de mal.