Quant aux quatrième et cinquième [climats], dont les habitants sont plus équitables et plus accomplis que les autres, il apparaît que l’influence des prophéties diffère radicalement de celle de la sorcellerie et des talismans : l’effet de ces derniers se renforce lorsque l’intellect s’affaiblit, tandis que l’effet des premières atteint sa perfection lorsque l’intellect est vigoureux.
Il devient ainsi manifeste que cette influence ne procède pas des seules forces humaines — ni des âmes, ni des corps, ni des forces naturelles des corps, ni des puissances célestes mêlées aux forces élémentaires ; elle relève d’une réalité qui dépasse tout cela. Certes, il se peut que certaines de ces forces reçoivent, dans tel ou tel cas, un appui — ainsi l’on dit que la sincérité d’Ibrâhîm dans son invocation, la perfection de son assise, sa science et son amitié intime pour Allah ont nécessité qu’Allah exauce sa prière. Cela est vrai, nous ne le nions nullement, car nous ne refusons pas la survenue de faits extraordinaires résultant de l’exaucement des invocations.
Ce que nous rejetons, en revanche, c’est l’affirmation selon laquelle la seule force de l’âme aurait agi dans le monde, sans qu’Allah soit Celui qui, par cette invocation, ait fait surgir — parmi les causes divines — ce qui a produit l’effet chez la créature. L’invocation est certes une cause ; toutefois, il est bien établi — à maintes reprises — qu’aucune cause n’agit de façon autonome : elle est accompagnée de facteurs concurrents et sujette à des empêchements. Elle n’est donc pas, par sa propre nature, une cause qui impose nécessairement l’effet, mais elle constitue une cause par laquelle Allah exauce l’invocation, de même que l’œuvre pie est une cause pour qu’Allah récompense Son serviteur dans l’Au-delà, et pour que les gens l’aiment et le louent. Et il n’est pas possible que