complète et éternelle. Or, affirmer l’existence d’une telle cause implique nécessairement que les événements contingents n’ont pas d’Agent ; et cette implication est, de toute évidence, fausse. Dès lors, ce qui l’implique est également faux, à savoir la thèse selon laquelle une partie du monde serait éternelle. Si donc cette prémisse est fausse, son contraire est vrai : il n’existe rien, dans le monde, qui soit éternel.
Second argument : leur assertion exige l’existence d’une succession infinie de causes et d’effets, chose qu’eux-mêmes reconnaissent inadmissible ; son impossibilité est d’ailleurs établie par des preuves certaines, comme nous l’avons démontré ailleurs. Nous y avons souligné que tous les effets sont contingents et qu’aucun ne porte en lui ce qui rende son existence nécessaire. Concevoir une infinité d’êtres dépourvus de raison suffisante d’exister revient à concevoir un nombre fini d’êtres inexistants ou impossibles. Ainsi, supposer des causes infinies qui sont elles-mêmes des effets équivaut à supposer une infinité de choses inexistantes ; il n’y aurait alors parmi elles rien qui existe réellement, et l’inexistant ne peut, par définition, créer ni produire l’existant.
Il n’est nul besoin de s’étendre davantage sur ce point, car il fait l’objet d’un consensus parmi les gens doués de raison. Toutefois, certains auteurs postérieurs ont soulevé à ce propos des objections dont nous avons exposé la fausseté en d’autres lieux, tels al-Āmidī, al-Abharī et d’autres.