Et cela, nul n’ignore — pour peu qu’il connaisse la réalité de La Mecque — qu’il s’agit du plus manifeste des mensonges : il n’existe rien de tel sous la Kaʿba ; aucun habitant de La Mecque ne descend sous l’édifice, personne ne l’excave, personne n’y brûle d’encens ; il n’y a là ni idole ni quoi que ce soit d’autre.
Ibn Sabʿîn et ses semblables demeuraient pourtant déconcertés à ce sujet ; il leur arrivait de dire : « Puissions-nous savoir quel talisman Ibrâhîm, l’Ami intime, a confectionné pour que l’affaire en soit arrivée là ! » — alors même qu’ils savent parfaitement que les talismans ne sauraient produire un tel effet, qu’il n’existe rien sur terre qui lui soit comparable, et que les talismans relèvent d’usages bien connus, agissant par des causes reconnues. De la sorte, un homme fabrique un talisman, un autre en fabrique un semblable ou même plus puissant ; mais ce phénomène-ci dépasse la capacité des humains.
Il n’existe en vérité aucun talisman capable de dominer l’ensemble des habitants de la terre, ni d’agir sur les cœurs des trois régions centrales — lesquels comptent parmi les meilleurs des hommes, les plus accomplis en raison et en religion. L’influence des talismans ne se renforce qu’à mesure que l’intellect s’affaiblit : ils agissent donc davantage sur les corps inanimés que sur les êtres animés, davantage sur les bêtes que sur les humains, davantage sur les enfants et les déséquilibrés que sur les gens doués de raison. Il en va de même pour l’action des démons : plus les esprits sont faibles, plus leur emprise est forte.
Quant à la Maison sacrée, au Coran et à la prophétie, leur effet se manifeste précisément chez les êtres les plus parachevés en intelligence, les plus accomplis en science et en connaissance. L’islam s’est propagé aux extrémités orientales et occidentales de la terre, ainsi que l’a dit le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui :
« La terre m’a été réunie et j’en ai vu les Orients et les Occidents ; et la domination de ma communauté atteindra ce qui m’en a été réuni. »
Il s’est étendu, de surcroît, aux régions centrales, au troisième climat.