ainsi que les passages consignés chez les Gens de l’Écriture où les anciens prophètes annoncent sa prophétie et sa mission, et ordonnent aux hommes de le suivre : autant de faits totalement étrangers à sa puissance, à sa science et à sa volonté, survenus avant même sa naissance.
De même, l’exception dont Allah a honoré la Ka‘ba, la Maison sacrée, depuis qu’Ibrâhîm l’a édifiée jusqu’à ce jour – révérence, respect et élans des cœurs vers elle – échappe à toute causalité humaine. Il est notoire que les rois et autres puissants construisent des forteresses, des cités et des palais à l’aide d’appareillages gigantesques et d’une architecture soignée ; pourtant, ces édifices ne tardent pas à s’effondrer et à tomber en disgrâce. La Ka‘ba, quant à elle, n’est qu’une Maison dressée de pierres noires, dans une vallée stérile, dépourvue de jardins, de points d’eau et de tout ce que désirent les âmes. Elle ne possède aucune armée pour la protéger des ennemis, et la route qui y mène n’offre nulle jouissance convoitable ; bien au contraire, elle s’accompagne souvent de dangers, de fatigue, de soif et de faim que seul Allah connaît.
Malgré cela, Allah a placé dans les poitrines des hommes un attrait pour elle que nul ne peut mesurer, et Il a conféré à cette Maison une dignité, une noblesse et une grandeur telles qu’Il a abaissé les cous des habitants de la terre : les plus grands des rois et les chefs des tyrans s’y rendent, réduits là-bas à l’humilité et à la modestie comme les simples gens. Il est indubitable que cela dépasse les capacités humaines, la force de leurs âmes ou de leurs corps, d’autant que celui qui la bâtit est mort depuis des millénaires.
C’est pourquoi l’affaire de la Maison a dérouté philosophes, astrologues et tenants du naturalisme : elle échappe au cadre de leurs raisons et aux lois de leurs sciences. Ils se sont donc égarés dans des mensonges que tout esprit avisé reconnaît, tel l’énoncé de certains selon lequel, sous la Ka‘ba, se trouverait un sanctuaire où reposerait une idole qu’on encense et qu’on tournerait vers les quatre points cardinaux pour attirer les gens au ḥajj.