Ce même récit est également bien connu par la voie de Nawwâs ibn Samʿân, d’après le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui. Il est en outre rapporté d’Ibn Masʿûd, tant sous forme mawqûf que marfûʿ, ainsi que d’Ibn ʿAbbâs et d’autres Compagnons. Il y est clairement indiqué que l’intercession ne profite auprès d’Allah qu’à celui pour qui Il l’a autorisée ; il faut donc un agrément préalable en faveur de l’intercesseur, car le simple fait de s’adresser à lui ne suffit pas à avantager la personne pour laquelle on intercède. Cela implique qu’une permission renouvelée est nécessaire pour les intercesseurs. Or, selon leur doctrine, rien de nouveau ne survient de la part d’Allah à l’égard des intermédiaires ; ceux-ci seraient, d’après eux, émanés de Lui, inséparables de Son Essence de toute éternité.
Toujours dans ce hadith, il est dit que « la frayeur est écartée des cœurs des anges », c’est-à-dire qu’elle en est ôtée. Or, le Coran décrit les anges comme éprouvant crainte révérencielle et peur, tandis qu’eux soutiennent qu’aucune crainte ni frayeur envers Allah ne saurait être concevable. Allah — Exalté soit-Il — dit :
« À Allah se prosternent tout ce qui est dans les cieux et sur la terre comme créature vivante, ainsi que les anges ; ils ne s’enflent point d’orgueil. Ils craignent leur Seigneur, [qui est] au-dessus d’eux, et accomplissent ce qui leur est ordonné. »
Et Il dit encore :
« … et ils sont, par crainte révérencielle de Lui, emplis d’appréhension. »
À propos de l’intercession, Il dit enfin :
« Et combien d’anges dans les cieux dont l’intercession ne servira à rien, sauf après qu’Allah aura accordé la permission à qui Il veut et agrée. »
Son affirmation : « après qu’Allah aura permis à qui Il veut et agrée » implique une permission à venir, car la particule “an” réserve le verbe au futur. Par cohérence, il convient donc de tenir le même propos pour tout ce qui, dans le Coran, relève de ce domaine. Tel est l’avis de la majorité des gens du hadith et de la Sunna, rapporté des imâms du Salaf, et auquel témoignent également les preuves rationnelles exemptes de contradiction.