Abû l-Wafâ Ibn ʿAqîl, Abû l-Faraj Ibn al-Jawzî, Abû Muḥammad al-Maqdisî et d’autres encore, de même qu’al-Kurdarî et d’autres parmi les disciples d’Abû Ḥanîfa, ont également pris la parole à son sujet. L’un des points pour lesquels les imâms vérificateurs le critiquèrent le plus sévèrement est l’accord qu’il manifesta, sur certains points, avec ces Sabéens philosophisants. Par la suite pourtant, il réfuta les philosophes, mit en évidence leur incohérence et leur mécréance, et démontra que leur méthode ne conduit à aucune vérité. Il s’en prit aussi aux théologiens spéculatifs, puis donna la préférence à la voie de l’ascèse (riyâḍa) et du taṣawwuf. Ne trouvant pas par ces chemins ce qu’il recherchait, il resta parmi les partisans de la suspension (ahl al-waqf) et se tourna vers la méthode des gens du ḥadîth, de sorte qu’il mourut occupé à l’étude de al-Bukhârî et Muslim.
Ce qui nous intéresse ici, c’est que tout ce qu’Allah a mentionné dans Son Livre au sujet de l’intercession des Prophètes et des anges — tant dans l’affirmation que dans la négation — contredit la parole de ces gens, comme dans la parole du Très-Haut :
« Dis : “Invoquez ceux que vous prétendez (être des divinités) en dehors d’Allah ; ils ne possèdent pas le poids d’une particule, ni dans les cieux ni sur la terre ; ils ne détiennent aucune part dans la création de ceux-ci et Il ne trouve parmi eux aucun soutien. L’intercession n’est d’aucune utilité auprès de Lui sauf pour celui à qui Il en a donné la permission. Lorsque la frayeur sera ôtée de leurs cœurs, ils diront : ‘Qu’a donc dit votre Seigneur ?’ Ils répondront : ‘La Vérité’, et c’est Lui le Très-Élevé, le Très-Grand.” »