les représentations requièrent nécessairement un principe qui les fasse advenir. Or la cause complète éternelle, qui, de toute éternité, implique son effet et le produit par sa propre essence, est constamment accompagnée de cet effet – lequel n’est autre que ce qu’elle nécessite et exige de toute éternité. Rien, donc, de ces mouvements, volontés et représentations ne saurait être l’effet d’une telle cause, puisqu’ils sont contingents ; ils ne peuvent davantage la produire, l’agir ou la susciter, car il est impossible que des événements contingents émanent d’une cause complète et éternelle.
Par là se manifeste la fausseté de leur thèse sur l’éternité du monde, et l’on voit clairement que toute chose, en dehors d’Allah – exalté soit-Il –, est advenue après n’avoir pas existé. En effet, un effet éternel ne procède que d’un nécessitant par essence, éternel dans son action de nécessité ; c’est la cause complète éternelle qui implique son effet de toute éternité. Si donc il existait dans le monde quoi que ce soit d’éternel, l’existence d’une cause complète éternelle s’ensuivrait. Or l’existence d’une telle cause est impossible, car il en résulterait que les événements contingents n’auraient pas d’Auteur, ni par intermédiaire ni sans intermédiaire ; les événements, en effet, ne se produisent pas à partir d’une cause complète qui leur serait éternelle.
Ainsi, tout être autre qu’Allah doit nécessairement être concomitant à des événements contingents ou contenir en lui de tels événements ; et toute chose qui accompagne des événements contingents ou en laquelle ceux-ci surviennent ne peut procéder d’une cause complète éternelle, puisqu’il est inconcevable qu’elle émane, indépendamment des événements, d’un Agent – les événements exigeant, de façon incontournable, un Agent. Affirmer l’éternité d’une parcelle du monde implique donc d’affirmer pour elle une cause ancienne ; or affirmer cette cause ancienne entraîne que les événements n’ont pas d’Auteur, que l’on prétende que cette cause a produit ce qui est concomitant aux événements ou qu’elle a produit ce en quoi les événements se produisent. Dans les deux cas, il en résulte que les événements n’ont pas d’Auteur, puisqu’il est impossible que des événements surgissent d’une cause complète et éternelle. Ainsi, dès lors que l’éternité de quelque chose du monde suppose l’affirmation d’une cause complète