Celui qui connaît leur doctrine et connaît les enseignements des Envoyés sait, de manière nécessaire, que leurs propos contredisent ceux des Envoyés et ne leur sont nullement conformes. Il faut donc, soit tenir pour véridiques les Envoyés et les démentir, eux, soit démentir les Envoyés et les tenir, eux, pour véridiques. En réalité, ils croient aux Envoyés sous un certain aspect et les renient sous un autre ; ils ne disent pas que les Envoyés sont menteurs ou ignorants, mais ils ne les croient pas non plus dans tout ce qu’ils ont rapporté. Or il est notoire que lorsqu’une information ne concorde pas avec la réalité qu’elle prétend décrire, son auteur est soit un menteur délibéré, soit un homme dans l’erreur. Et eux reconnaissent que les Envoyés comptent parmi les créatures les plus savantes quant aux réalités, qu’ils sont dotés de forces sacrées grâce auxquelles ils connaissent ce qu’il est impossible aux autres de connaître, et qu’ils sont au nombre des gens les plus pieux et les plus véridiques. S’ils leur attribuent ainsi la perfection suprême en science et en véracité, cela contredit nécessairement ce qu’ils prétendent à propos de leurs récits, car ces prétentions impliquent inéluctablement soit de les taxer de mensonge, soit de les accuser d’ignorance.
C’est pourquoi ces gens sont incohérents dans la question des prophéties : ils ne les ont pas démentis du démenti catégorique de ceux qui rejettent toute prophétie, et ils ne les ont pas non plus confirmés par la foi entière de ceux qui les croient sans réserve. Ils sont plutôt tels ceux qui croient à une partie et renient une autre. Ceux-là sont véritablement des mécréants ; ils relèvent des hypocrites hésitants, oscillant d’un côté et de l’autre. Parmi eux, certains se distinguent par une hypocrisie et une zandaqa accrues, tandis que d’autres manifestent une hypocrisie moindre que celle de leurs semblables.
Par ailleurs, Allah – Très-Haut – dit : « Il n’appartient à aucun être humain qu’Allah lui parle, si ce n’est par révélation ou de derrière un voile… »