Et Il – exalté soit-Il – a dit :
« Et [rappelle] Maryam, fille de ʿImrân, qui préserva sa chasteté ; puis Nous insufflâmes en elle de Notre Esprit. »
Cet Esprit prit donc l’apparence d’un homme parfaitement constitué, s’adressa à Maryam et souffla en elle.
Or il est établi que les facultés psychiques qui se trouvent dans l’âme du prophète comme dans celle du non-prophète ne sont pas perçues par les assistants et ne produisent pas de pareils états, paroles ou actes.
Maryam n’était pas prophétesse ; au plus haut, elle fut « véridique » (ṣiddîqa), comme Il – exalté soit-Il – l’a dit :
« Le Messie, fils de Maryam, n’est qu’un Messager ; des messagers sont passés avant lui, et sa mère était une véridique. »
Et Il – glorifié soit-Il – a dit encore :
« Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes, habitants des cités, à qui Nous révélions. »
Plus d’un savant, tels le Qâḍî Abû Bakr al-Ṭayyib, le Qâḍî Abû Yaʿlâ et Abû l-Maʿâlî al-Juwaynî, a rapporté l’unanimité (ijmâʿ) selon laquelle il n’y eut aucune prophétesse parmi les femmes. L’avis contraire d’Ibn Ḥazm est isolé et antérieur à ce consensus ; son affirmation que la mère de Mûsâ – ainsi que Maryam – aurait été prophétesse n’est connue d’aucun des Salaf ni des imams.
Il est en outre authentiquement rapporté qu’un certain nombre de femmes ont atteint la perfection, sans que la mère de Mûsâ en fasse partie ; bien au contraire, le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – a dit dans le ḥadith authentique :
« Beaucoup d’hommes ont atteint la perfection, et, parmi les femmes, aucune ne l’a atteinte si ce n’est Maryam, fille… »