sur une distance d’environ un parasange.
Par ailleurs, un groupe fut transporté par les démons depuis la cité de Palmyre jusqu’à Bayt al-Maqdis ; ils leur ordonnèrent alors de prier en direction du Nord, et ces gens s’y conformèrent plusieurs jours durant. Les diables leur affirmèrent que cette Sharîʿa serait bientôt changée et abrogée, jusqu’à ce que les musulmans les fissent comparaître à la grande mosquée de Palmyre – ils se trouvaient dans une grotte – et qu’ils les exhortassent au repentir. Ils refusèrent tout d’abord, continuant à prier vers le Nord trois jours encore, puis ils se repentirent et découvrirent que tout cela procédait du démon.
Dans un autre épisode, un homme rejoignit un groupe qui, lors d’une séance de samâʿ, dansait ; il se mit alors à danser dans les airs, au-dessus de leurs têtes. Un témoin le vit, poussa un cri à son encontre, et l’homme tomba. La scène eut lieu en présence du shaykh Shabîb al-Shaṭṭî, lequel s’exclama : « Cet homme vient de me priver de mon ḥâl ! » On interrogea alors celui qui avait crié ; il répondit : « Il n’avait aucun ḥâl : un démon l’avait transporté d’al-Raḥba jusqu’ici. Lorsque j’ai crié contre lui, le démon l’a lâché et s’est enfui. » Un récit analogue est arrivé à plus d’une personne.
Parmi les faits notoires et transmis de manière récurrente chez les Turcs figure ce que font leurs magiciens et devins lors des cérémonies dites al-Bakhshiyya et al-Ṭawîniyya, ainsi que leur chef qu’ils appellent al-Bawâ. L’une des conditions exigées pour ce dernier est qu’il soit un efféminé, passif dans la sodomie. On lui érige une tente obscure, on y immole une bête en offrande au démon, puis l’on chante pour lui. Les démons surviennent alors, s’adressent à eux au sujet de certaines réalités occultes – nouvelles de leurs absents, vols commis, et autres – ; ils soulèvent le Bawâ et le maintiennent suspendu dans les airs sous leurs yeux. À ce moment-là, il ne se trouve parmi eux aucun musulman ni aucun livre contenant le Coran. Ce phénomène reste, jusqu’à aujourd’hui, largement connu chez eux, ainsi que nous l’ont rapporté plusieurs personnes fiables.