Sixième aspect :
Nous dirons qu’il est établi, de manière certaine et par transmission continue, que les djinns transportent l’être humain d’un endroit à un autre qu’il serait incapable d’atteindre par ses propres moyens. Nous en avons, nous-mêmes, été témoins à maintes reprises sous diverses formes, et d’autres personnes connaissent, parmi les cas particuliers, bien des détails qui nous demeurent inconnus. Quiconque met en doute cette réalité n’a qu’à s’enquérir auprès de ceux qui en détiennent la connaissance ; autrement, nul n’a le droit de démentir ce qu’il ignore.
Nous connaissons en effet un grand nombre de faits de ce genre. Nous savons, entre autres, que beaucoup de gens ont été emportés dans les airs depuis leurs cités jusqu’à ʿArafāt ou à La Mecque, hors de la période du stationnement à ʿArafāt. Parmi eux se trouvaient des mécréants qui ne se sont jamais convertis, des hypocrites qui ne reconnaissaient même pas l’obligation de la prière, et des ignorants qui croyaient que le simple fait de se tenir à ʿArafāt sans ihrâm, puis de rentrer chez eux sans tawâf, ni saʿy, ni ihrâm, constituait un acte d’adoration et une karâma accordée aux pieux. Un nombre tout aussi considérable de personnes furent transportées vers d’autres lieux que La Mecque ; si je devais relater tout ce que je sais à ce sujet, le propos s’allongerait démesurément.
Je connais, par exemple, l’un de nos compagnons que les djinns ont soulevé dans les airs, du rez-de-chaussée d’une maison jusqu’à l’étage supérieur ; ils l’exhortèrent à propos de questions religieuses, il se repentit et en tira un grand bien. Un autre avait avec lui un démon qui le transportait, devant les gens, dans la ville de Shawbak ; il s’élevait dans les airs jusqu’aux sommets des montagnes. Un troisième encore était emporté par son démon du mont Ṣāliḥiyya jusqu’au village de Yaldâ, à peu près