La parole et la langue étrangère qu’une telle personne est incapable de prononcer montrent que le locuteur s’exprime par la langue d’autrui ou qu’un autre lui a soufflé ces propos ; il ne s’agit donc pas d’un acte spontané de son propre moi, dépourvu de toute cause extérieure émanant des esprits. Or, comme ce phénomène a été constaté chez les âmes perverses et que nombre de leurs révélations proviennent d’esprits démoniaques, il est a fortiori évident que les informations reçues par les prophètes émanent des esprits angéliques.
Ils affirment : « Pour nous, les démons sont les forces de l’âme malfaisante, et les anges celles de l’âme vertueuse. » Nous répondons : il a déjà été établi que la majorité des musulmans ne nie pas l’existence de ces forces, comme indiqué plus haut. Toutefois, l’intention ici est de démontrer l’existence d’entités séparées, distinctes de ces forces : à savoir les djinns, qui communiquent à de nombreux devins une foule d’informations. Cette réalité est connue de façon nécessaire par quiconque l’a vécue directement ou par celui dont le témoignage engendre la certitude ; nous-mêmes l’avons apprise de manière évidente à maintes reprises. Il s’agit là d’une forme de dévoilement et d’annonce de l’invisible qui n’est pas d’origine purement psychique.
Quant à la troisième catégorie, celle dont les anges sont la source, elle est la plus noble, comme l’attestent de nombreux arguments scripturaires et rationnels. Dès lors qu’il est avéré que l’annonce des choses occultes peut provenir de causes psychiques, de causes malignes—sataniques ou non—ou de causes angéliques, ce qu’ils mentionnent ne relève que d’une des trois catégories, et de la plus faible d’entre elles. Ainsi, le summum de leur foi en la prophétie consiste à placer le Prophète au rang d’un homme compté parmi les plus faibles des gens vertueux.